U.S.A., 15 ans après

15 ans, c’est le nombre d’années qui se sont écoulées depuis ma dernière visite.

Mes souvenirs restaient figés sur San Francisco. Ma destination serait toute autre, la banlieue côtière de Los Angeles, où vit désormais la majeure partie de ma famille paternelle. Mes grands-parents ne sont pas éternels et la visite devenait plus que pressante.

Ce matin de départ de Tokyo, mon esprit était surtout tendu vers le moment du check-in. Selon les blogs de voyage, les USA contrôlent l’entrée de leur territoire en amont. Le ouï-dire est qu’il faut présenter un billet d’avion de sortie du territoire américain pour monter dans l’avion. Lorsque l’hôtesse de l’air m’a demandé mon billet d’avion de sortie, j’ai remercié les blogs ! Egalement soulagée que le fruit de mon travail de dimanche n’ait pas été vain, malgré l’interruption due à la pensionnaire dingo.

Un véritable interrogatoire s’engageait avec l’hôtesse mais j’étais rodée. Lors de mon départ du Viêt-Nam, j’ai eu droit au même interrogatoire de la part de l’hôtesse vietnamienne.

Voyageurs, sachez que les pays comme le Japon et les Etats-Unis contrôlent en amont l’entrée des étrangers sur leur territoire. Prenez vos précautions pour éviter d’avoir à acheter un billet à l’arrach’ à l’aéroport.

Arrivée aux USA, après 15h d’avion, la fatigue, le froid, la tristesse de quitter l’Asie, le blues des amis dispersés un peu partout autour du monde et la famille laissée en France, mon état nerveux était à fleur de peau lorsque les forces de l’ordre ont montré les crocs d’emblée aux étrangers qui passaient le contrôle d’entrée.

Ce fût un moment désagréable que d’avoir à répondre plusieurs fois aux mêmes questions posées par différents intervenants, de manière suspicieuse : quelle est la raison de son séjour aux Etats-Unis ? Combien de temps allais-je rester ? Où se trouve mon hôtel ? Quelle est l’adresse de ma famille ? Combien de sous ai-je sur moi ?

A cette dernière question, j’ai failli répondre « même pas de quoi acheter un café au Starbucks ».. A leur mine tendue, ce n’était pas le moment de faire de l’humour.

J’ai joué le jeu mais mentalement je commençais à raccourcir drastiquement la durée de mon séjour aux Etats-Unis au vu de l’atmosphère étouffante à l’aéroport de Dallas.

L’espoir que les futurs contacts avec les Américains serait d’un autre ordre. En effet, mes souvenirs de contact remontaient à 2001. L’état d’esprit de ce pays avait sûrement changé entre état d’urgence dû aux attentats, crises financières, sur fond persistant de tensions communautaires et le politiquement correct, fléau sociétal.

Mes contacts entre 1998 et 2001, toute population confondue avait lieu dans l’espace public ou dans les transports en commun, au grand dam de ma famille. D’ailleurs, le souvenir le plus mémorable a été une nuit à Minneapolis, à attendre le bus. Dans la nuit, je ne voyais que ses dents étincelantes. Puis sa question avec une voix joviale « Do you want to marry me? » « Arghhhhh, taxii !!! »

Bref, hormis quelques demandes en mariage qui n’avaient de mariage que le nom, le contact avec les Américains était très positif : faciles d’approche, extrêmement aimables, prêts à aider une pauvre touriste perdue, candides et toujours surpris d’entendre une Asiatique leur dire « I’m French » avant de dégainer leur « Bonjour, Olalala, Au revoir ».

Ayant déjà fait la visite de Los Angeles et des attractions rattachées, mon temps a été partagé avec la famille, les balades en bordure de plage à vélo et la préparation de mon voyage solo aux USA.

Cruiser des plages. Ce type de vélo n'existe qu'aux USA

Cruiser des plages. Ce type de vélo n’existe qu’aux USA

Pour se rendre à la plage, il me fallait invariablement 4h aller/retour. Ce sera un point décisif qui me fera pencher pour me déplacer autrement qu’en transport en commun. Ne pas avoir de voiture personnelle est une véritable galère dans ce pays.

Galère à laquelle j’ai goûté en ce premier jour de « je vais à la plage en transport en commun » !

Imaginez-moi, à l’arrêt de bus avec mon beau vélo, excitée par la perspective du bleu océan et du sable fin, à attendre dans le mauvais sens. Finalement, j’ai été prise en charge par un chauffeur de bus, qui ne me fait pas payer le trajet faute de sous sonnants et trébuchants et me dépose à la bonne correspondance.

Après 1h d’attente à la correspondance, le bus pour la plage est arrivé avec les racks vélos pleins. Maria m’avait vue faire cette tête lorsque son bus s’est arrêté à ma hauteur.

Nooo.. je veux aller à la plage !

Nooo.. je veux aller à la plage !

puis cette tête sans le vouloir car elle a eu pitié de moi et m’ouvrit les portes de derrière.

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Je peux monter quand même ?

Aux USA, on ne rigole pas avec les règles et Maria était en train d’enfreindre le règlement. Je l’ai chaleureusement remerciée en espagnol, à son grand étonnement d’entendre une Asiatique parler espagnol avec un accent français.

A la faveur d’une descente, la mer s’est découverte. Bleue, scintillante, lumineuse. Il y a des spectacles qui font chanter mon âme et la vue de la mer en faisait partie.

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Tous les jours de beau temps, j’ai ainsi pris le vélo et malgré les 4h de bus, j’ai vécu le Californian way of life en flânant, en mangeant des hamburgers si gras que j’ai dû éponger le steak pour enlever l’huile.

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Le temps s’est arrêté puis s’est accéléré lorsque la réalité m’a rattrapée : j’étais attendue fin février à Miami. Fini la dolce vita au sein de ma famille.

Prendre le bus pour aller de la Californie à Miami était si peu glamour que louer une voiture devenait ma seule obsession. Les serveurs de kayak.com et hotwire.com ont dû être noyés par mes requêtes à toute heure du jour et de la nuit.

Mais le résultat était là, lorsque j’ai roulé entourée de paysages à couper le souffle pour leur immensité, que je me suis endormie dans mes « million stars » hotel pour me réveiller entourée de nature et de couleurs pastel.

Le vent de la liberté absolue soufflait dans mes cheveux et cela n’avait aucun prix.

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