Tokyo, pont entre Asie et occident

Tokyo a été un caprice sur ma feuille de route. Je suis la seule de la fratrie à n’y avoir jamais été. Mes frères l’ont visité plusieurs fois et ne m’en ont dit que du bien. La tentation a été donc forte pour que j’y fasse un saut de puce entre l’Asie du sud-est et les Etats-Unis.

Réaliste sur ma résistance, quasi nulle, aux températures hivernales de Tokyo, j’ai décidé de n’y rester que 5 jours. Et j’ai bien fait. La veille de quitter Tokyo, il a neigé toute la nuit et la pluie glacée du matin a gentiment transformé le manteau neigeux en gadoue, gadoue qui s’est engouffrée dans mes baskets, à peine sortie de l’hôtel. La journée allait être longue.

Avez-vous déjà marché avec des chaussettes mouillées d’une eau tellement glacée que vous avez l’impression que des milliers petits aiguillons vous piquent les pieds à chaque pas, que la sensation au pied est interprétée comme une brûlure froide par votre crâne qui a mal d’ailleurs ?

Avant d’arriver à ce moment joyeux de mon séjour, je vous raconte mon arrivée un peu (encore) à l’arrach’ dans la capitale du Japon.

Ma préparation pour le séjour à Tokyo a été très légère et j’en avais conscience. Quelques recherches de logement avaient été effectuées en amont mais sans motivation aucune. Je verrai bien sur place.

Me voilà là, dans l’aéroport avec mon énorme sac à dos au pied, mon ukulélé, un peu sonnée par le froid, regardant la nuit au dehors. Aucun logement en tête. Aucune destination précise. Une fois de plus.

C’est avec optimisme (ou naïveté) que je me retrouve à surfer sur les booking, hostelworld, sur mon vieux et vaillant smartphone à l’écran de la taille d’un timbre poste. Durant cette recherche aux résultats insatisfaisants, j’ai maudit mon côté aventurière ! Le froid extérieur m’a pressée de trouver un lieu chaud où me réfugier pour la nuit avant d’abandonner la chaleur de l’aéroport. L’idée d’y dormir m’a traversé l’esprit mais c’est carrément moins glamour que Tampang beach à Ko Sichang.

En règle générale, quand quelque chose ne fonctionne pas, il ne faut pas s’acharner. Cela faisait 1h30 que j’avais atterri et le moment de l’action était venu. Direction le comptoir pour le shuttle aéroport <->Tokyo.

Si j’avais été à Bangkok, Saigon ou n’importe quelle autre capitale ou ville de l’Asie du SE, je n’aurais eu que 5 pas à faire et mille choix s’offraient. Tokyo, c’est comme Paris, Londres ou n’importe quelle ville d’occident, le logement, ça ne se trouve pas comme ça !

Au terme d’une heure de trajet, le bus a déposé tous les passagers à Tokyo station, point central de la ville, spot des boutiques de luxe cachées derrière des façades raides. Les rues étaient immenses, froides et désertes. Quelques voitures passaient rapidement, de rares passants. J’ai erré dans les rues alentours, cherchant le maximum de spots lumineux et espérer voir des mots « hotel », « vacancy », « rooms ». Rien, nada, il n’y avait que des visions de ça :

photographe Masashi Makui

Heureusement, au détour d’une rue, le Starbucks allait me sauver du froid et du poids du sac à dos. Pour en avoir souvent discuté avec d’autres voyageurs sur ma route, quand acculé, on devient plus lucide sur ce qu’on souhaite et on fait des concessions. J’étais butée sur le chiche! mais mes mains glacées entourant la tasse de thé m’ont rappelé que ce n’était pas réaliste et qu’il fallait s’avouer vaincue. Le reste a été facile, un site internet, 3 critères remplis et mon hôtel était trouvé, une capsule hôtel, à 400m, dans le quartier central et chic de Tokyo/Nihombashi (équivalent d’Opéra/Tuileries) pour 33 euros.

Long couloir menant à sa capsule. Dortoir non mixte.

Intérieur d’une capsule.

Toute heureuse d’avoir réservé ma chambre, il me fallait désormais m’y rendre sans l’aide du téléphone, la carte du Japon est indisponible comme la connection 3G. Bien sûr, je me suis perdue et bien sûr j’ai trouvé un gentil Japonais pour m’aider, jusqu’à m’accompagner devant l’hôtel.

Je m’en suis sortie une fois de plus, avec pour confirmation que quand ça doit marcher, ça marche. Définir au préalable les bons critères est essentiel. Ma prochaine étape étant les Etats-Unis, je vais revoir ma manière de voyager.

Observer, s’adapter, apprendre. Le moteur de mes voyages.

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