Suan Huay Yang

Projet de deux amis, rencontrés sur le banc de la fac de Toulouse, le « Jardin de Huay Yang » se veut un lieu d’expérimentations d’une autre forme de vie. Son emplacement jouxte la ferme-école de Sahainan, bénéficiant ainsi des connaissances empiriques de Sandot, mon instructeur.

Camille et Magali ont eu la gentillesse de répondre à mes questions sur ce projet qu’ils tiennent à bout de bras depuis des années et qui s’est concrétisé en un laps de temps très court. C’est ça la magie de la Thaïlande : tu veux une pelleteuse et un conducteur compétent ? elle est là le lendemain. Tu veux des bras pour soulever des arbres immenses, des matériaux de construction pesant une tonne ? Ils apparaissent comme par magie et avec le sourire !

Interview de Camille et de Magali

Peux tu nous raconter un peu ton parcours en France?

Magali : J’ai 37 ans, j’ai eu envie de vivre et de créer un autre système de vie collective. Ma vie a pris une tournure différente depuis plusieurs années. Je n’ai pas de chez-moi par exemple. Je vis chez la famille, des amis, toujours très heureux de partager  leur logement à moitié vacant, pendant en moyenne 15 jours. Une de mes amies adore que je vienne vivre avec elle, partager son quotidien, avec la surprise d’un dîner préparé à son retour, d’une maison toujours soignée et les papotages le soir. Ma vie professionnelle a pris aussi une autre tournure, tournée vers l’associatif essentiellement. Avec ce projet de vie en Thaïlande,  je vais pouvoir vivre une vie plus en conformité avec mes idéaux, selon mon slogan « small & slow ».

Camille: Depuis tout petit, je voulais changer le monde parce que je le trouvais trop pourri. Je me suis dirigé ver les arts plastiques pour y échapper, pour finir en cinéma d’animations. Le logiciel libre a été une continuité logique pour changer le monde. La politique a aussi été un pan de ma vie. J’en retire l’idée que l’argent peut changer le monde mais qu’il est maudit. La vie simple est la seule solution. Changer le monde à partir de son propre potager est désormais mon seul crédo.

Qu’est-ce qui t’a amené à monter ce projet en Thaïlande ? Que représente ce projet pour toi ?

Camille : J’avais déjà un projet en France mais la province de Nan a été choisi sur les conseils de Sandot (l’instructeur de Sahainan). Le climat nous a plu, loin de la chaleur étouffante de Bangkok. D’autres aspects sont rentrés en ligne de compte de ne pas monter le projet en France : l’autoritarisme supranational, décourageant, et comme toujours, l’aspect financier. SHY est une expérimentation de vie basée sur le volontarisme.

Magali : J’ai suivi Camille, ami depuis la fac. Cela fait 3 ans que nous échangeons sur le projet qui est dans la continuité de mes projets personnels : autonomie alimentaire, volontarisme, participation à la vie locale (projet d’école secondaire au sein de notre ferme).

Comment êtes-vous arrivés à la permaculture ?

Camille : c’est la philosophie permaculture qui m’a amené à m’y intéresser.

Magali : il y a des années de cela, j’ai effectué un séjour à Tacomepai (ferme mère de Sahainan) où j’ai suivi des cours de permaculture. La philosophie de vie qui sont indissociables des techniques de culture a résonné en moi : simplicité et autonomie.

Une échéance quant à votre projet ?

Camille : Pour atteindre l’autonomie alimentaire et générer des revenus : 3 ans. L’idée est de construire au fur et à mesure de nos séjours en Thaïlande et des moyens financiers. Ce premier séjour a permis d’acquérir le terrain, de le modeler selon nos projections de vie (avec comme base le dessin réalisé par Marine et moi). Ensuite, poser les fondations de la maison que je vais occuper avec ma femme. Nous reviendrons dans 1 an pour continuer sa construction.

Magali : Aucune ! La hutte que je vais occuper est déjà en train de sortir de terre. Je l’occuperai quand je serai en Thaïlande et la laisserai à ceux qui seront de passage : amis, volontaires de Sahainan.

Je reviendrai à SHY pour voir son évolution. Magali et Camille y ont posé des jalons, préparé la terre pauvre à certains endroits en plantant des arbres, en y jetant des « seed balls » remplies de graines que les prochaines pluies feront fondre et germer pour recréer une forêt comestible.

Comme eux, j’attends avec impatience de voir la nature à l’oeuvre, recréer le vivant, toujours en mouvement.

Tous mes voeux à Camille et Magali !!

SHY

Magali, sur le chantier, à fond, à fond !

SHY2

Camille, jungle man en devenir. Il publie les photos du chantier sur twitter (Camille Harang – Suan Huay Yang)

SHY3

SHY dessiné à partir de la réalité du terrain et des projections de vie de Magali et Camille. RDV dans quelques années pour en refaire le dessin selon les travaux effectués.

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