Kotyo en 4 jours ! Partie I

Après une arrivée rock&roll et une nuit reposante dans une capsule, le premier de mes 4 jours dans la capitale du Japon a été consacrée à la découverte à pied de la ville.

D’habitude, j’aurais rempli mon planning des 4 jours de lieux incontournables, de musées, de restaurants, de bars mais je n’arrive plus à me forcer à pratiquer ce genre de tourisme. Mes baskets fouleraient le bitume de Tokyo au gré des envies. La chance était avec moi ce jour ainsi que les suivants : plein soleil. Exit musées et lieux clos.

Depuis peu, ma manière de voyager a changé radicalement. Ce que j’ai pu faire ou aimé n’est plus mon goût. Ce n’est plus important de ne pas aller voir le truc incontournable ou de ne pas avoir la photo trophée. J’ai juste envie de marcher à mon rythme, d’avoir la surprise d’un lieu qui me correspond ou d’une rencontre fortuite entre un local et une voyageuse, de contempler la vie des autres parce que la mienne s’inscrit nulle part.

Avant d’arriver à cette plénitude du moment présent, des détails techniques s’imposaient :

1. La fonction maps de mon Nokia ne me sera d’aucune aide pour cette étape. Il me fallait revenir à la bonne vieille carte fournie par l’office de tourisme à l’aéroport. Tokyo réserve un accueil de grande classe à ses touristes, dès leur arrivée à l’aéroport : mise à disposition de 2 comptoirs avec brochures et cartes ainsi que des hôtesses attentives pour orienter, réserver hôtel ou fournir des cartes sim. Dans toutes les stations de métro de Tokyo, cartes de la ville et plans de métro sont en libre service ainsi que de nombreux agents du métro, en contact direct avec les voyageurs. Nombreux, polis, serviables, leur uniforme (avec un grand penchant pour le style militaire) inspire le respect. Impossible d’être perdu avec un tel dispositif !

2. Je n’avais que des vêtements légers de voyageurs en zone tropicale. J’ai ainsi expérimenté à mon tour la technique des voyageurs au long cours, dite de l’oignon ou « multiple layers » : 2 couches de pantalon, 3 couches de t-shirts, doudoune (merci Winston babe) et un coupe-vent. J’ai ainsi représenté fièrement la France en bibendum bleu et baskets rouges. Que St Karl, patron de la haute couture fraaançaise, me pardonne !

Partie sans préjugés avec néanmoins la voix d’une amie globe trotteuse me répétant « Tu verras, Tokyo, ce sont des robots qui marchent d’un pas saccadé dans la rue, habillés de la même manière, noir et gris ».

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On n’est pas loin de la réalité du propos. J’ai eu parfois l’impression d’être revenue dans les quartiers d’affaires occidentaux.

Pour visiter la ville, j’ai pensé emprunter le métro pour me rendre dans les spots touristiques.

Merci la RATP tokyoïte

Merci la RATP tokyoïte !

Mais il était tôt et l’idée de me frotter à la vie urbaine ultra connectée, avec cette image de la foule en délire, comme dans les couloirs de la Défense ou d’Auber à l’heure de pointe, m’a fait déguerpir. Le contact rapproché avec les travailleurs du matin sera reporté à une prochaine fois.

Le Palais impérial était à côté de mon hôtel selon ma carte. J’ai ainsi traversé des blocs dont je ne voyais pas le bout, des avenues gigantesques bordées par des 4/6 voies, des parcs traditionnels, des magasins modernes jouxtant des boutiques de style traditionnel.

Un rappel à la réalité du pays : les tremblements de terre

Le béton et les nombreux parcs cohabitent. Dans celui-ci, on peut jouer au tennis. Pile en bas du travail.

Le béton et les nombreux parcs cohabitent. Dans celui-ci, on peut jouer au tennis. Pile en bas du travail.

Skywalks pour aller de building en building en restant protégé du climat. C’est courant aux US.

Arrivée là, le panneau « Palais impérial – Fermé » a guillotiné mes envies touristiques. Pas assez informée, pas assez bossé sur les visites. En revanche, les passagers des 3 bus venant de se garer à côté étaient, eux !, mieux informés que moi. A peine descendus, ils se sont rués vers un point de l’enceinte extérieure. Je me précipite dans leur sillage, pleine d’espoir de voir un événement insolite ou un ouvrage architectural dingue .. Ils venaient pour se faire prendre en photo devant le portail fermé, les lampadaires ouvragés, le pont métallique au loin et un bout du palais impérial.

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La perche à selfie est en panne :D

Constatant que je ne pouvais pas compter sur les touristes, je suis partie me restaurer pour noyer ma déception.

Un de mes frères m’avait dit « où que tu ailles, c’est bon et pas cher ». Fort de ce conseil, j’ai choisi une gargote qui ne payait pas de mine, à côté des rails aériens du métro, coincé entre un resto italien et un bar à bière. Première surprise, à peine entrée dans le restaurant, je suis accueillie par le salut des serveurs, des cuistots, tout le personnel quoi ! L’avenante serveuse m’amène vers le fond du restaurant et à la forte odeur de la cigarette, je m’arrête immédiatement et lui demande « non smoking area please » avec un sourire crispé. Arghhh, le cauchemar de la France avant 2008 serait ma réalité pendant 4 jours.

Passé cette découverte désagréable vite oubliée, j’ai souhaité tester un plat dont je connais le goût français et faire le test comparatif. Wow, je suis au JAPAN!!, mère patrie du japanese curry, le goût serait LE vrai, l’original, surtout qu’il est écrit sur la carte « home made curry ». C’était la fête et m’en léchais d’avance les babines !

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Katsu (poulet) curry et son oeuf mollet

Verdict : c’était bon, frais, le riz typiquement japonais (gros grain rond, fondant et parfumé en bouche) mais mes papilles n’ont pas fait waouuh. Mon alimentation essentiellement végétarienne et fruitière pendant mes 2 mois en Asie du SE a dû altérer mon goût.

Néanmoins, le repas a eu pour vertu de me réchauffer pour continuer les déambulations jusqu’à Ueno, un quartier de restaurants bon marché, de salles de pachinko, de jeux pour adultes entre adultes, de musées, de boutiques de vêtements, de souvenirs, d’alimentation allant des fruits frais aux poissons séchés sous vide.

Attraper le plus de billes possibles pour les convertir en cadeaux. C'était noir de monde, sur fond de musiques techno, de billes métalliques et de bande son de jeux d'arcade. Assourdissant !

Salle de pachinko : attraper le plus de billes possibles pour les convertir en cadeaux. C’était noir de monde, sur fond de musiques techno, de billes métalliques et de bande son de jeux d’arcade. Assourdissant !

C’est au détour d’une des rues que la première surprise de la journée est apparue : entendre parler vietnamien. Deux jeunes hommes, emmitouflés chaudement pour rabattre durant des heures les clients vers leur restaurant. Je me suis approchée d’eux, ils me saluèrent en japonais et entendirent ma réponse en vietnamien. La tête qu’ils ont fait ! Passé la surprise, nous avons ri de ma tête de non-vietnamienne et de ce point commun d’être des étrangers dans un pays si différent du nôtre.

L’un d’entre eux me propose de me faire visiter le quartier puis d’aller manger des sushis. Proposition acceptée avec joie !

Au cours du repas, il m’apprend qu’il est étudiant, comme beaucoup de jeunes vietnamiens, qu’il vit à Tokyo depuis 3 ans et qu’il cumule études et 2 jobs pour subsister. Je crois comprendre qu’il n’a qu’une demi-journée de libre par semaine pour souffler. Madre de dios !

J’en profite pour lui demander son avis sur le lieu où je pourrais me rendre pour revivre un peu la nuit tokyoïte comme dans le film « Lost in translation » de Sofia Coppola. Il me conseille vivement Shinjuku, le quartier où ça pulse de jour comme de nuit. Non content de m’inviter au restaurant, il m’emmène à la station de métro !

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La générosité à l’égard des voyageurs me surprendra et me touchera toujours autant. Ils me souhaitent un bon voyage avant de s’engouffrer dans leur rame.

Cette journée finalement très dense s’est terminée sur cette dernière image de Tokyo la nuit. Shinjuku, avec ses boutiques, ses bars, ses touristes, une marée humaine joyeuse et amicale, aura été une fois de plus photographié par une touriste.

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