Ko Sichang, ma dolce vita thaï

Après 26 jours dans la fraîcheur de Sahainan, j’ai repris mon sac à dos sichang pour profiter de mes derniers jours en Thaïlande.

Les paradisiaques Ko Phi phi – Ko Pha Ngan ont été oubliées (17h de transport) au profit de Ko Sichang, île méconnue des circuits touristiques, mais à 2h de Bangkok.

Pour s’y rendre, il a fallu passer quelques heures sur google et travelfish, précieuse source d’information pour voyager en Asie.

Dans la mesure où je ne devais y rester que 6 jours, que l’essentiel de mes activités allait se réduire à aller faire du snorkeling, j’ai mis quelques affaires dans un sac Spar et suis partie. N.B. : pratique courante à Bangkok, les guesthouses gardent les sacs à dos encombrants des voyageurs pour 10 bath/jour (soit 25 cts).

Mon amie Lynn, rencontrée sur les bancs de la ferme-école, m’a chargée de dégoter une maison calme, avec cuisine et environnement sympa.. Malheureusement, je suis arrivée sur place 2h avant la tombée de la nuit et les logements étaient loin du port !

Ne trouvant rien, j’ai erré dans les alentours jusqu’à ce qu’une moto taxi me transporte jusqu’à LA plage de Ko Sichang, là où je comptais faire du snorkeling. J’ai demandé au chauffeur si il y avait beaucoup de locations disponibles et il me répond « oh no, it is full now, holidays! ». Douche froide.

Mon chauffeur comprend que je suis dans la galère et il me dit en rigolant que je pouvais dormir sur la plage.

Mon cerveau a rapidement calculé les paramètres mélangeant la peur de me faire agresser (peur inutile car l’île est tellement petite que tout se sait), le froid de la nuit, la marée montante, l’excitation de dormir à la belle étoile et le désir très fort de sortir de ma zone de confort. J’ai décidé d’être aventurière et de dormir sur la plage.

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Comme appris lors de mon séjour à la ferme-école, il fallait observer son environnement et utiliser les éléments à disposition.

Un gros rocher qui me cache de la vue d’éventuels agresseurs, utiliser mes affaires pour imiter une personne (mon masque de snorkeling pour la tête, mes affaires pour le corps), mettre 5 couches de t-shirt because les moustiques et le froid, couvrir le tout avec un paréo et la serviette de plage et hop au dodo ! Il n’était que 20h et la nuit noire avait happé la vie. La plage désormais déserte, plus aucun bruit si ce n’est le ressac et la vie animale. J’avais parfois peur, j’avais froid et rien dans l’estomac depuis 24h. La nuit allait être longue.

Elle fût entrecoupée par la lumière éblouissante des bateaux de pêche aux calamars, les éternels buveurs de bière et baigneurs de minuit, les réveils en sursaut à cause du moindre bruit et la peur d’être surprise par la marée montante.

Comme Robinson Crusoé, héros de mon enfance, je voulais vivre ces choses plus fortes que moi et pénétrer le secret de ma vie : aller au delà de ma peur, ne plus lutter contre elle mais l’apprivoiser, appréhender mes limites, faire confiance à des forces plus puissantes et ne jamais lâcher prise quand j’ai une idée précise de ce que je veux.

Je le savais théoriquement mais je voulais l’expérimenter, le vivre dans ma chair pour savoir si j’avais assez de cran pour surmonter les épreuves.

En l’occurrence, je ne voulais pas fuir un pays en ruine sur un bateau de pêcheurs rempli de réfugiés (ma mère) ou transporter de l’or et prétendre être une bonne face à des brigands qui menacent de trancher ma gorge (ma grand-mère). Je voulais juste une maison de vacances calme, avec jolie vue, la nature à proximité et une cuisine !!

Réveillée par la lumière du matin, j’ai trouvé à proximité un scooter à louer, leur ai laissé mes affaires encombrantes et suis partie à la découverte de cette minuscule île et de ses reliefs escarpés.

C’est au détour d’un chemin qu’elle est apparue, la maison mieux que dans mes rêves, avec une vue surplombant la verdure des collines pour s’ouvrir sur la mer qui se confondait avec le ciel. L’horizon un peu sombre de mes vacances venait de s’éclaircir en une fraction de seconde.

J’avais la preuve par A+B que oui ça marche de faire confiance, que oui tout est plus ou moins écrit mais que ce sont nos choix qui ouvrent les immenses possibilités de notre vie. Et magie ô magie, cela fonctionne pour tout le monde. Ma copine Lynn a tenté l’expérience sur sa peur des profondeurs de la mer. Nous avons loué un kayak, je l’ai emmenée au large, elle s’est jetée dans l’eau, la peur au ventre de mourir noyée. Mais le lendemain, elle est revenue pour plonger à nouveau, découvrant un banc de poissons multicolores, des coraux magnifiques, un Némo et d’autres merveilles. La récompense est systématique quand on va au bout de soi.

Après ma nuit sur la plage, j’ai douté de mon choix d’être venue sur cette île. Après mes 6 jours passés là-bas, j’ai remercié l’univers de m’y avoir fait vivre cette expérience magnifique : ma maison de vacances est celle que je rêve désormais de construire dans le futur, j’ai appris à pêcher avec une canne à pêche, entre joie d’avoir pêché un calamar et culpabilité de causer sa mort, j’ai énormément appris sur moi, j’ai rencontré des personnes généreuses, simples et d’une gentillesse infinie, j’ai eu la preuve que la vie est d’une bienveillance sans limite et qu’elle me donnerait toujours ce dont j’avais besoin.

Ko Sichang, c’était mon voyage intérieur.

Néanmoins, il y a des photos du voyage réel et elles sont visibles ici, également sur mon compte Instagram et celui de mon amie Lynn.

Tous mes voeux pour tous les jours de l’année 2016 !!

Qu’elle vous soit bénéfique, lumineuse, riche d’aventures intérieures

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